Un film de Sara Favriau
PRENDRE SOIN DU PASSÉ, PLANTER LE FUTUR
Juillet 2025
PREMIER PROJET D’ART CONTEMPORAIN À LA GALICIÈRE
PATRIMOINE ET ART CONTEMPORAIN
Convaincue de la complémentarité entre le patrimoine et l’art contemporain, l’association souhaite développer et accompagner la transformation du jardin de la Galicière en parc de sculptures contemporaines.
En juin 2023, elle a répondu à l’appel à projet lancé par la Région Rhône-Alpes qui vise à favoriser le croisement entre création contemporaine et patrimoine pour renforcer l’offre culturelle dans les territoires ruraux.
Grâce à Nathalie Viot, membre de l’Association, historienne de l’art et commissaire d’exposition, le projet retenu par la Région est la création par l’artiste de renommée internationale, Sara Favriau d’une œuvre intimement liée au site de la Galicière.
C’est la première d’une série visant à créer une collection de sculptures dans le futur parc.
OBJECTIFS DU PROJET
Initier l’intervention d’artistes contemporains de renom au sein des fabriques de la Galicière et dans son jardin, à Chatte en Isère.
L’objectif est de faire découvrir l’art contemporain à un large public par le biais de ce patrimoine dans un lieu exceptionnel et unique.
PROJET UNIQUE ET INNOVANT
L’œuvre de Sara Favriau interroge le statut des œuvres d’art contemporain non manipulables. Créée in situ lors de résidences de l’artiste pour demeurer sur le site, cette œuvre est visible en dehors des circuits des galeries, des centres d’art et des musées. Pour la découvrir, les amateurs doivent emprunter les chemins de la ruralité.
S’inscrivant dans une démarche écotouristique favorisant le tourisme itinérant, le projet contribue à l’animation du territoire tout en renforçant son attractivité pour les amateurs d’arts et en complétant l’offre déjà présente sur le territoire – le Centre d’art La Halle de Pont-en-Royans / La Fabrique des Luddites à Chatte / le Bateau Ivre à Saint-Marcellin.
QUOI ?
UNE ŒUVRE DE SARA FAVRIAU

Esquisse de Sara Favriau. Décembre 2023
UN REFUGE POUR UN NOYER
Création in situ, en résidence, d’une œuvre d’art contemporain, exemplaire en matière de développement durable, comprenant 2 sculptures, un abri et un four réalisés à partir de la charpente et des briques issues de la déconstruction des chantiers de restauration de la Galicière.
”Pour le projet de la Galicière, je souhaite concevoir une œuvre sculpturale qui pourra être dans le même temps pérenne mais surtout évolutive. Autrement dit, travailler à une œuvre qui embrasse la permanence et l’interroge à travers ses transformations dans le temps.
J’envisage ici l’espace dédié à la création d’une œuvre nouvelle comme un terrain fertile à partir duquel je souhaite développer une proposition destinée à rassembler les générations et mettre en exergue les forces du lieu. Un espace qui suscite l’expérience physique d’une installation artistique tout en proposant des respirations plus enclines à la contemplation.
Expérimenter ou créer in situ, en résidence, avec des chercheurs, des habitants, des institutions du milieu agricole ou artistique, des associations locales… comme je l’entreprends dans mon travail est un moyen de s’affranchir de l’idée d’un milieu ou d’une nature que l’on protège, que l’on étudie, sanctuarise, ou que l’on regarde comme une œuvre d’art : le paysage. Autrement-dit une nature mise à distance depuis l’antiquité, soumise comme objet et séparée du vivant.
Construire l’idée de cohabitation, comme reconstruire une biocénose, travailler avec le milieu naturel, non plus soumis, ou dominé, c’est se positionner aux côtés de, avec. C’est surtout chercher à être transformé en retour, dans ses propres questionnements de chercheur, d’artiste, dans ses protocoles d’expérimentations, dans ses techniques de ”modelage”. C’est changer les points de vue et agir en réaction. C’est enfin, je l’espère, contribuer à construire une relation de sujet à sujet, qui semble être la seule réponse durable et résiliente face à l’urgence climatique.
La sculpture, plus qu’un médium, est un moyen. Je crois qu’elle est un véritable vecteur, la pierre angulaire qui porte en elle des potentiels de collaboration, de partage et d’expérience que j’active en m’appropriant des savoir-faire. Les processus jouent un rôle décisif ; le jeu, l’enthousiasme et l’investissement dans l’acte de création agissent comme une dynamique que je souhaiterais activer pour une œuvre sur les territoires de la Galicière.
L’art, en se diffusant devient acteur, il permet de valoriser l’existant, ses pratiques et de créer du lien, aussi bien social qu’écologique. Je défends l’idée de créer des œuvres ”optimistes”, qui participent d’un récit commun et d’un élan pour construire un imaginaire nouveau.”
Sara Favriau / Juin 2023
POURQUOI ?
SENSIBILISER ET INITIER
Les publics scolaires du territoire aux enjeux climatiques à travers l’œuvre de Sara Favriau et son dialogue avec le patrimoine de la Galicière.
APPRÉCIER LE PATRIMOINE
La rencontre entre de l’art contemporain et du patrimoine est une dynamique riche et féconde qui transcende les simples considérations esthétiques. Elle ouvre un dialogue entre le passé et le présent. C’est un outil puissant pour sensibiliser à la préservation et à l’appréciation du patrimoine. Permettre d’accompagner la sensibilisation au patrimoine par l’art contemporain fait sens à la Galicière. L’association est convaincue de la pertinence de cette complémentarité.
CONSTITUER UNE COLLECTION ASSOCIATIVE
L’association entend contribuer à la revitalisation du site de la Galicière en accompagnant les propriétaires dans leur projet de jardin par l’installation d’œuvres d’art contemporain. Nathalie Viot, en étroite collaboration avec les institutions culturelles de la région, proposera des artistes dont le travail devra révéler à la fois les abords et le territoire, enrichir le réel et inviter les visiteurs à porter une attention particulière à la ruralité et son patrimoine industriel. Cette collection associative d’une dizaine de sculptures interrogera à la fois le statut des œuvres non manipulables et celui de son propriétaire.
EMPRUNTER LES CHEMINS DE LA RURALITÉ
Créée in situ et lors de résidences, ces œuvres seront par nature extraites du circuit des galeries, des centres d’art et des musées. Pour les découvrir les amateurs devront emprunter les chemins de la ruralité.
RENFORCER L’ATTRACTIVITÉ TOURISTIQUE
Renforcer l’attractivité du territoire pour les amateurs d’arts et compléter l’offre déjà présente sur le territoire de la communauté de communes : le Centre d’art La Halle de Pont-en-Royans, l’Artsolite à Saint-Jean-en-Royans, la Fabrique des Luddites à Chatte, le Bateau Ivre à Saint-Marcellin.

En rouge l’emplacement de la sculpture de Sara Favriau
COMMENT ?
AVEC UNE FABRIQUE POUR LE JARDIN ÉPONYME
Dans le processus de développement du ver à soie, il y a une étape cruciale qui est l’encabanage, une opération qui consiste à disposer sur les claies des branchages secs au milieu desquels les vers filent leurs cocons, créant un abri pour sa chrysalide.
Les sculptures du Jardin des fabriques s’apparenteront à des cabanes, cases, cahutes, casemate, carbets, huttes, paillote, baraques…. et devront être conçues pour répondre aux exigences de pérennité d’installations en plein air.
Ces ”abris” établiront une filiation évidente avec les “fabriques de jardin” ces constructions à vocation ornementale du XVIII° et XIX° prenant part à une composition paysagère au sein d’un parc ou d’un jardin.
EN RÉSIDENCE POUR UNE CRÉATION IN SITU
Créer in situ, lors de résidence permet aux artistes une expérience immersive et expérimentale, un processus créatif plus spontané et contextuel une production d’œuvres en adéquation avec son eco-système.
Contextualisées et enrichies par les échanges avec les membres de l’association Les Amis de la Galicière, les œuvres sont plus impactantes et significatives.
Résidence 1 • 10-14 mars Cuisson des bois // Résidence 2 • 12-16 mai Construction du refuge // Résidence 3 • 1-5 juillet Construction du four
AVEC LES MATÉRIAUX DU SITE
Les matériaux recyclés, naturels ou les produits à faible impact écologique sont privilégiés. Dans le projet de Sara Favriau, l’apport de matières neuves se limite à la chaux, au sable et à l’argile nécessaire à la constitution du four dont les briques sont issues de la démolition de cloisons du site. Les bois de charpente proviennent de la déconstruction de la toiture de la filature suite à son effondrement. Ces bois sont protégés par une couche de carbone superficielle après que leur surface a été profondément brûlée dans le four. Le bois combustible a été prélevé sur le stock issu des coupes d’arbres déjà réalisées sur le site.

Chantier de déconstruction de la charpente de la filature suite à son effondrement partiel
PAR UN PREMIER COUP D’ÉCLAT
Lancer le jardin des fabriques avec l’œuvre de Sara Favriau a donné un coup de projecteur sur le territoire auprès du public de l’art contemporain ainsi que la vision portée par les Amis de la Galicière pour définir son projet.
AVEC UNE TECHNOLOGIE NATURELLE EAU – FEU
”Le processus s’appuie sur divers procédés. Deux procédés ancestraux naturels et régénérants, du feu sur le bois. Un dernier, toujours par traitement thermique, est contemporain. Tous, sont des cuissons, dont l’issue est de faire naître de nouvelles propriétés mécaniques à ces bois de charpente que l’on perçoit comme condamnés. Je m’inspire de l’archéologie expérimentale du paléolithique (pirogue creusée par le feu, durcissement des pointes de flèches par le feu) du brûlage japonais (Shou Sugi Ban) du moyen âge et de la rétification*, procédé thermique contemporain.
A partir des constats de ces procédés que j’ai expérimenté, et suite à des observations, j’ai additionné l’eau au feu, créant un choc thermique : en combinant l’eau au feu, le bois se transforme en une matière pétrifiée et très dure. Les cavernes ovales et rondes des bois deviennent des percées, que le feu a figé et endurcit. Une matière hybride, un peu merveilleuse, dissimulée sous la carbonisation, apparaît lorsque l’on gratte le carbone. Un bois fumé, moucheté, hydrofuge et imputrescible.”
Sara Favriau
*Rétification : mot est composé à partir des mots réticulation et torréfaction – Traitement thermique qui donne des propriétés hydrophobes dont une des conséquences est la résistance à la biodégradation et la stabilité dimensionnelle. Ses propriétés mécaniques sont modifiées

LES PROTAGONISTES
FINANCEMENT
Ce projet a été sélectionné par la Région AURA dans le cadre de l’appel à projet 2023 : ”Culture en territoires – Création contemporaine et patrimoine” visant à favoriser le croisement entre création contemporaine et patrimoine pour renforcer l’offre culturelle dans les territoires ruraux.


SARA FAVRIAU
Née en 1983, vit et travaille à Paris.
Sara Favriau questionne à la fois l’œuvre et son écosystème ; sa circularité. En cela, elle interroge son statut de sacré (exposition, conservation, acquisition), intangible, vers un possible statut de vivant : une œuvre évolutive, rejouée, altérée, appropriée par une pluralité d’acteurs. Sa démarche s’oriente vers des œuvres-projets, qui portent leur propre récit, qui se partagent et se transforment comme la tradition de la transmission orale des griots, les contes, ou comme le savoir-faire des artisans transmis à l’apprenti dans l’atelier, traversés par le temps. Certaines sculptures sont réactivées par des performances puis réanimées en films mi-fiction, mi-documentaire, mi-archive, démantelant l’idée que l’art est circonscrit ou cristallisé.
C’est une démarche au caractère hybride, sans limite de genre, de médium, de technicité et d’expérimentation, où les processus de réalisation et de création sont indissociables et privilégiés. Ils sont inhérents à l’œuvre comme la diversité des médiums employés. La rencontre des médiums, leurs usages dans le cas précis d’un projet, est un moyen d’augmenter la vie de l’œuvre, parfois même en allant jusqu’à sa destruction : sa disparition questionnant dans le même temps sa trace. Autrement dit, ces œuvres-projets cherchent à repenser et à transgresser la cristallisation d’une œuvre d’art dans des espaces dévolus et des médiums dédiés. Par là, travailler à une œuvre qui embrasse la permanence et l’interroge à travers ses transformations dans le temps.
Le travail de Sara Favriau est empreint d’une attention particulière aux enjeux environnementaux et sociétaux, à travers la mise en jeu de matériaux et de savoir-faire qu’elle explore et détourne. Des matériaux issus des territoires où elle se trouve : issus de circuit-courts, glanés pour la plupart ou légués par les acteurs (culture comme nature : ONF, forestiers ou tout simplement sols des territoires) en mettant à contribution les énergies et ressources de chacun.
Elle convoque des formes, des symboles et des procédés de nature populaire pour les transposer. Des procédés par lesquels, des sculptures, des installations, des performances sont en dialogue ; une cabane, une pirogue, un arc, un arbre, le voguing… sont autant d’éléments qui font partie de son vocabulaire formel et conceptuel, portant leur propre dramaturgie : leur mise en acte poétique.
C’est une rencontre entre temporalité et territoire qu’elle développe depuis des années. Comment l’histoire et ses traces, l’immuable et l’éphémère, comment deux temporalités ou même deux géographies, peuvent être mises en commun. Ce métissage est au cœur de ses intentions : imbriquer la métamorphose, la fiction et l’essai, mais aussi l’analyse, la sociologie des milieux, enfin la poésie, selon une forme simple. Selon des actions essentielles, comme un arbre-pirogue qui traverse une mer, pour retrouver une forêt.
”J’ai beaucoup de mal avec les codes et les symboles qui cristallisent trop vite et arrêtent toute pensée. L’ambiguïté existe pour moi chez toute personne et chez tout être et je prends soin de la développer également dans mon travail. Elle peut générer des ouvertures incroyables, créer des ponts. C’est le principe de l’entre-deux qui laisse libre cours à la pensée du regardeur.”
”C’est une œuvre dans un espace et des œuvres dans une œuvre. Ces cabanes sont pour moi un moyen d’interroger la sculpture, une mise en abyme de l’œuvre d’art. ”
Sara Favriau bénéficie en 2016, d’une exposition personnelle au Palais de Tokyo : La redite en somme, ne s’amuse pas de sa répétition singulière.
En 2017, elle expose en solo-show au Château de Chaumont, à Inde-pendent Brussels et effectue une résidence : Arts et monde du travail avec Ministère de la Culture, en partena-riat avec le CNEAI.
En 2018, elle participe à la première Biennale de Bangkok Beyond Bliss en tant qu’invité d’honneur.
En 2019, elle effectue la résidence French Los Angeles Exchange (FLAX) et participe à la première Biennale de Rabat. Elle est invitée à la Villa Noailles pour le Festival International de la Mode où elle expose une installation d’arbres sculptés issus d’une parcelle de forêt à côté de Marseille étudiée par l’INRAe.
En 2021, un arbre-pirogue traverse la mer Méditerranée, depuis les Salins des Pesquiers à Hyères, vers la Fon-dation Carmignac sur l’Ile de Porquerolles.
En 2021/2022, elle effectue une résidence de la Royal Commission RCU and French Agency Afalula, opérée par Manifesto, à AlUla en Arabie Saoudite.
En 2024, elle effectue une résidence à Palm Springs (Californie) à The Elemental, avec le support de la Fondation Laccolade et la Villa Albertine. Son travail est présent dans de nombreuses collections et commandes publiques : FMAC (collection de la ville de Paris), FDAC Essonne, FRAC Normandie Caen, FRAC Centre, MAC VAL (installation pérenne), BAB (Bangkok Art Biennale) Mobilier National…

2017 J’ai remonté le temps y avait rien à faire. Les mêmes carrosses en bois à toute allure

2021 Zebra 3

2023 L’océan plein, la tempête et les piverts, très grand très loin, radieuses des voiles bombées. Un vent durable, persistant.

NATHALIE VIOT
Vit et travaille en France et en Italie.
Nathalie Viot est historienne de l’art, directrice d’établissement culturel, commissaire d’exposition et critique d’art. Elle a une grande connaissance des métiers d’art.
Après de longs séjours à l’étranger (Espagne, Japon, Suisse), elle a codirigé la galerie Chantal Crousel (2001-2004) et a notamment produit plusieurs projets avec les Spectacles vivants du Centre Pompidou.
Elle a été conseillère art contemporain pour la Ville de Paris (grand projet de commandes artistiques du tramway Est de Paris) avant de rejoindre l’équipe du Mamco de Genève.
Elle a fondé l’agence Less is more Factory en 2013.
Elle est à l’origine en 2016 de la création de la Fondation d’entreprise Martell à Cognac qu’elle a dirigée jusqu’en 2022.
Elle est rédactrice pour la revue de la céramique et du verre et accompagne des artistes dans leurs projets de commandes ou d’expositions.
Elle est directrice artistique associée au projet Le Féral dans le Limousin, un projet qui allie IA et sylviculture et est administratrice de la Philomathique de Bordeaux et du FRAC Poitou-Charente.
Médiations
Nathalie Viot a réalisé plusieurs médiations auprès de différents publics, en plus de celles assumées par l’artiste.

© Raoul Lemercier • 5 juillet 2025
19 juillet 2025


21 avril 2026
12 mai 2026

